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Pourquoi a-t-on une sclérose en plaques ? Un début d'explication...

Dans la SEP le système immunitaire s'attaque à nos propres tissus, en l'occurrence au cerveau et à la moelle épinière. Mais pourquoi le fait-il ? En ce début de siècle, les progrès de la biologie moléculaire apportent un début de réponse à cette question.

Les lymphocytes, globules blancs en charge de l'immunité, patrouillent dans notre organisme pour y détecter l'intrusion éventuelle d'un agent extérieur (microbe, virus, protéine...) appelé « antigène ». Pour ce faire, ils doivent faire la différence entre les molécules étrangères  (non soi) et celles qui constituent notre organisme (le  soi)  Pour reconnaître le « soi », les lymphocytes sont éduqués dans le thymus lors de leur fabrication. Les milliers d'antigènes correspondant aux diverses protéines qui composent nos tissus sont « présentés » aux jeunes lymphocytes. Au cours de cette présentation, ils manifestent plus ou moins de sympathie (en termes scientifiques d'affinité) pour l'antigène. Si les lymphocytes ayant une forte affinité quittaient le thymus, ils rencontreraient ce même antigène en périphérie, le « reconnaîtraient » et le détruiraient initiant ainsi une réaction « auto-immunitaire ». Dans une première ligne de défense, le thymus élimine donc les lymphocytes ayant une forte affinité (tolérance centrale).

La biologie moléculaire vient de montrer que chez les personnes atteintes de SEP, l'antigène est mal présenté ce qui permet aux lymphocytes potentiellement agressifs d'échapper à la destruction et de circuler dans l'organisme. En rencontrant les antigènes de la myéline (protéine constituant la gaine des nerfs) ils provoquent une réaction immunitaire au niveau du cerveau
Une seconde ligne de défense est constituée par des lymphocytes dits « régulateurs » chargés d'éliminer les lymphocytes « agressifs » (tolérance périphérique) mais elle est également défectueuse dans la SEP.

La cause primaire de la SEP est une déficience de la tolérance centrale et périphérique vraisemblablement d'origine génétique ou épigénétique puisqu'elle concerne le système immunitaire dès sa formation. L'agression du système nerveux est la conséquence de cette déficience. Nos traitements pour réduire les réactions immunitaires (immunosuppresseurs) agissent sur les conséquences plutôt que sur la cause. Par contre, il s'est avéré récemment que les traitements immunomodulateurs (interférons et copaxone) améliorent la tolérance périphérique. Agir sur la tolérance centrale sera plus difficile mais une expérimentation  améliorant la présentation des antigènes au niveau du thymus a déjà donné des résultats positifs dans le modèle expérimental de la SEP.

Certains travaux concernant la tolérance périphérique ont été réalisés grâce à des subsides du Fonds Charcot. C'est dire l'importance d'une aide continue à la  recherche. Très prochainement, en 2012, la Fondation Charcot aura l'occasion de fêter sa 25ème année de soutien à la recherche en sclérose en plaques.

Dr Richard E. Gonsette
Président

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