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Bulletin : Un nouveau germe éventuellement responsable de la SEP (août 1999)

Des chercheurs américains avaient mis en évidence, il y a quelque temps, des signes d'infection par le " C. pneumoniae " dans le liquide céphalo rachidien (LCR) de malades SEP en phase chronique. Comme son nom l'indique, ce germe peut être responsable d'infections pulmonaires.

Pour savoir si cette " infection " latente du LCR existait également au début de la maladie, ils ont étudié ce problème chez 17 patients en phase à poussées et rémissions chez qui le diagnostic venait d'être posé. Ils ont appliqué des techniques biomoléculaires très sophistiquées et notamment la méthode dite de " polymerase chain reaction (PCR)" permettant de détecter les molécules d'acide ribonucléique (ARN) caractéristiques de l'enveloppe du germe recherché.

Les cultures de LCR de patients atteints de SEP ont permis d'isoler le C. pneumoniae chez 47% d'entre eux et chez 5% des personnes présentant une autre affection neurologique. Il est intéressant de constater que ces deux patients présentaient des signes neurologiques pouvant faire craindre une évolution ultérieure vers une SEP. La technique du PCR, plus sensible encore, s'est révélée positive chez tous les malades SEP de même que les deux patients suspects de développer plus tard la maladie. Elle est restée négative chez les malades atteints d'autres affections neurologiques.

L'infection du SNC par le C. pneumoniae est donc un événement fréquent chez les malades, survenant dès le début et persistant pendant toute la durée de l'affection.
Ces résultats ont été confirmés par l'étude des immunoglobulines (IgG) du LCR. On sait que ces IgG sont en fait des anticorps fabriqués par les patients contre divers antigènes (protéines du SNC, virus, etc). Une technique mettant en présence une IgG inconnue avec un antigène connu, permet de l'identifier si les deux protéines réagissent entre elles. Cette méthode a de fait montré que certaines IgG du LCR (appelées bandes oligoclonales) réagissent en effet avec le C. pneumoniae chez 80% des patients atteints de SEP.
Reste à étudier le rôle éventuel de ce germe dans le développement de la SEP : en particulier en est-il directement ou indirectement responsable. Il est probable que l'on reparlera de cette nouvelle découverte.

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