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Bulletin : Effets à long terme des immunomodulateurs (Juin 2004)

Plusieurs études concernent le bénéfice à long terme de l'IFNß dans les formes à poussées et rémissions. En ce qui concerne le Rebif, 68 % des patients inclus dans l'étude clinique originale réalisée dans des formes à poussées et rémissions (PRIMS), ont été suivis pendant 8 ans. Les malades qui continuent à bénéficier de ce traitement sont ceux qui ont été traités précocement et avec une dose élevée (44 µg) d'emblée.

Au sujet du Copaxone, une évaluation après 10 ans montre que chez les patients ayant suivi régulièrement leur traitement et qui le continuent (48 %), l'évolution du handicap a été stabilisée pendant 4 ans, puis a progressé lentement. Par contre, ceux qui ont arrêté le traitement, ont vu leur progression évoluer plus rapidement. Le Copaxone semble donc avoir une influence favorable sur la progression de la SEP.

Les IFNß sont également prescrits pour retarder l'intervalle entre les premiers symptômes (formes monosymptomatiques) et la confirmation du diagnostic à l'occasion d'une seconde poussée. Les résultats à long terme de l'étude avec l'Avonex montrent que dans le groupe traité d'emblée 36 % des patients ont confirmé leur diagnostic après 5 ans contre 48 % dans le groupe placebo traité lui en moyenne deux ans et demi après les premiers symptômes. L'intérêt de traiter rapidement les malades se confirme donc.

Plusieurs études essaient de déterminer la dose optimale d'IFN à administrer. Après 4 ans, l'étude comparative de deux doses d'Avonex (30 µg vs 60 µg) ne montre toujours pas de différence dans leur efficacité clinique. Un essai clinique concernant l'influence de deux doses différentes de Rebif (22 µg - 44 µg) sur la taille des lésions cérébrales en résonance magnétique, montre que seule la dose forte freine l'extension des lésions de façon significative.

Rappelons l'étude actuellement en cours avec le Betaferon chez un nombre considérable de patients (2100) comparant le bénéfice clinique de la dose actuellement utilisée (250 µg) par rapport à une dose double (500 µg). A noter que dans une étude similaire, les chercheurs insistent sur l'importance d'augmenter progressivement la dose pour éviter des intolérances.
Deux évaluations de l'efficacité des IFN dans les formes secondaires progressives ont été publiées récemment. Dans la première, 22 µg de Rebif par semaine pendant 3 ans n'a apporté aucun bénéfice. La seconde est une évaluation après 8 ans du bénéfice clinique observé dans l'étude européenne avec le Betaferon. 58 % des patients initialement inclus ont pu être revus. Il en ressort que le bénéfice sur la progression semble se maintenir. Rappelons que cette étude est la seule ayant montré un léger bénéfice dans les formes secondaires progressives.
L'étude avec le Copaxone chez 943 patients présentant une forme progressive d'emblée a été interrompue pour manque d'efficacité. Cependant une analyse rétrospective des résultats semble indiquer un léger bénéfice chez les patients de sexe masculin et chez ceux qui progressaient rapidement.
Pour contourner l'inconvénient de l'administration des IFNß par injection, une formulation par voie nasale est actuellement à l'étude. Cette nouvelle voie semble bien tolérée, mais par rapport à la voie intramusculaire 20 % seulement de la dose est disponible sur le plan de l'activité.

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