Bulletin : Autres perspectives thérapeutiques (Novembre 2003)
Trafic des lymphocytes
Les molécules facilitant le passage des lymphocytes (cellules agressant la gaine des nerfs) à travers les capillaires cérébraux semblent un terrain de recherche intéressant. L'une d'entre elles, commercialisée sous le nom d'Antegren, a déjà montré une efficacité remarquable pour réduire le nombre de poussées et les lésions cérébrales actives à l'IRM. Une importante étude incluant 941 patients avec une forme à poussées et rémissions est en cours. Le traitement consiste en une injection intraveineuse chaque mois pendant deux ans et demi. Certains malades sont sous traitement depuis plus d'un an et la tolérance paraît acceptable.
D'autres molécules exerçant les mêmes fonctions (comme le MMP-9, une matrix metalloprotéinase ou l'osteopontin) pourraient également faire l'objet de recherches cliniques.
Cannabis
L e cannabis semble faire un retour en force. Alors que les résultats des études précédentes ne permettaient pas de se faire une idée claire de son intérêt réel dans la SEP, plusieurs résultats obtenus avec des dérivés synthétiques du cannabis ont été présentés. La plupart d'entre eux montrent un effet favorable sur les spasmes, les douleurs, la fatigue, l'humeur et les fonctions cognitives. Il est probable que d'ici peu les dérivés ne provoquant pas d'effets secondaires indésirables seront disponibles.
Thérapeutique hormonale
On sait que les poussées sont moins fréquentes pendant les deux derniers trimestres de la grossesse, mais qu'il existe parfois une recrudescence après l'accouchement. Ces phénomènes sont associés à des changements hormonaux et immunitaires. Il devient de plus en plus évident qu'il existe des interactions entre les deux. D'autre part, les hormones féminines ont montré un effet protecteur dans l'encéphalite allergique expérimentale, le modèle animal de la SEP. Il a été démontré que l'administration par voie orale d'Oestriol à raison de 8 mg/jour produit les mêmes effets hormonaux que ceux existant pendant le sixième mois de la grossesse. Une étude clinique utilisant ce schéma thérapeutique est prévue prochainement.
Dans le même domaine, une étude confirme que la grossesse n'exerce pas d'influence défavorable à long terme sur les poussées et la progression en précisant que ceci concernait aussi bien les femmes ayant commencé leur SEP très jeunes que celles qui l'ont développée plus tardivement.
Enfin l'administration pendant quelques mois de methylprednisolone par voie veineuse après l'accouchement permettrait de prévenir une recrudescence des poussées.

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