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Bulletin : Vaccin contre l'hépatite B et SEP (Novembre 2004)

La publication toute récente d'une étude épidémiologique en Angleterre concernant une association possible entre la vaccination contre l'hépatite B et le développement d'une sclérose en plaque (SEP) n'est sans doute pas étrangère au recours en justice de six familles françaises contre trois ministres de la santé publique, tous médecins.

Cette étude conclut qu'une personne vaccinée contre l'hépatite B présente trois fois plus de risques de faire une SEP dans les trois ans qui suivent la vaccination, alors que ce risque n'est pas augmenté pour les vaccinations contre letétanos et l'influenza. Les auteurs admettent cependant que ces observations ne permettent pas d'exclure l'apparition anticipée des premiers symptômes chez quelqu'un qui aurait de toute façon développé la maladie plus tardivement, ni le déclenchement de la SEP chez une personne prédisposée.

A partir de la banque de données constituée par des médecins généralistes, les auteurs ont identifié 713 cas diagnostiqués SEP, dont 438 seulement ont été confirmés. A noter que 93% d'entre eux n'avaient pas été vaccinés ! De ces 438 patients, 163 ont été retenus parce que suivis pendant au moins trois ans dont 11 seulement ont présenté une SEP au cours de ces trois années. Ces sélections successives, basant les résultats sur 11 cas seulement à partir de 713 patients, soulèvent la question d'un facteur d'erreur possible, mettant en cause la validité des conclusions.

Il faut également savoir que cette étude, présentée lors d'une réunion scientifique en décembre 2003, avait attiré l'attention de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les experts consultés à ce moment avaient estimé qu'il n'existait pas de données scientifiques suffisantes pour considérer que la vaccination contre l'hépatite B pouvait provoquer une SEP, déclencher une première poussée ou provoquer des poussées chez des personnes déjà atteintes de la maladie.

Dans ce problème il faut tenir compte des conséquences particulièrement graves de l'hépatite B. Environ 350 millions de personnes dans le monde sont infectées et 65 millions d'entre elles décèderont des suites d'une cirrhose ou d'un cancer du foie.

En conclusion, les résultats de cette enquête n'apportent pas d'arguments scientifiques nouveaux, suffisants pour remettre en cause la politique de vaccination contre l'hépatite B appliquée dans nos pays. En prenant la décision de pratiquer une vaccination contre l'hépatite B chez un adulte, il faut tenir compte du risque d'être exposé à ce virus et à ses conséquences graves. D'autre part, chez des personnes ayant un cas de SEP dans leur famille, il est sage de peser davantage cette décision sachant qu'ils présentent un risque très légèrement supérieur à celui de tout un chacun de faire une SEP, même si statistiquement ce risque est extrêmement faible.

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