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Répartition inégale entre hommes et femmes

L'augmentation de l'incidence de la sclérose en plaque (SEP) chez la femme a suscité un intérêt particulier pour le rôle potentiel du sexe dans la fréquence et l'évolution de la maladie.

La SEP est plus fréquente au fur et à mesure que l'on s'éloigne de l'équateur vers le Nord. Depuis vingt-cinq ans, on observe une diminution de ce gradient résultant d'une augmentation de l'incidence de la SEP dans les régions près de l'équateur. Dans ces pays, l'augmentation est plus élevée chez les femmes (15%) que chez les  hommes (11%).

Formes récurrentes-rémittentes

En règle générale, les  maladies auto-immunitaires sont plus fréquentes chez la femme. Sur le plan génétique, des études du chromosome X n'ont pas montré d'anomalies pouvant expliquer une plus grande susceptibilité des femmes à développer la SEP. Il n'y a pas non plus d'interactions de ce chromosome avec le système HLA (complexe majeur d'histocompatibilité) qui régit les mécanismes immunitaires.

Cependant sur le plan clinique, l'augmentation de l'incidence féminine s'observe pour les formes récurrentes-rémittentes et cela dès l'apparition des premiers symptômes (formes monosymptomatiques). Elle ne s'observe pas dans les formes progressives d'emblée (primaires progressives) qui restent plus fréquentes chez l'homme. Dans les formes monosymptomatiques caractérisées par une névrite optique, on constate une égalité des sexes si l'épisode reste isolé. Par contre, une nette prépondérance féminine est constatée dans les cas qui récidivent et évoluent vers une SEP.

Rôle des hormones sexuelles

Au début de la maladie (période inflammatoire), l'apparition du handicap est plus tardif chez la femme. Plus tard, lorsque le handicap est devenu irréversible (phase dégénérative), la progression est la même dans les deux sexes. En général, les troubles sensitifs sont plus fréquents chez la femme. Les femmes répondraient mieux au IFNβs et les hommes au glatiramer acétate. Les lésions cérébrales mises en évidence par la résonance magnétique (IRM) montrent que les lésions inflammatoires sont plus fréquentes chez la femme et provoquent à long terme une atrophie importante de la substance blanche (fibres nerveuses). Chez l'homme par contre, l'atrophie de la substance grise corticale (cellules nerveuses) et des noyaux gris profonds prédomine. Cette atrophie chez l'homme commence dès le début de la maladie et semble évoluer plus rapidement.

Sur le plan hormonal, le rôle des hormones sexuelles est incontestable. La testostérone protège les neurones en diminuant la sécrétion de substances toxiques par les lymphocytes B. L'atrophie corticale plus rapide chez l'homme pourrait donc être due à une diminution de la synthèse de cette hormone. Chez des patients SEP, l'administration de testostérone ralentit l'atrophie cérébrale ce qui est en faveur de cette hypothèse. Un dysfonctionnement de l'axe hormonal « hypothalamus-hypophyse-testicules » a récemment été mis en évidence. Aucune étude thérapeutique phase III avec des hormones mâles n'a été faite jusqu'à présent.

Atrophie cérébrale

Chez la femme, des concentrations élevées d'hormones sexuelles seraient une protection. Les poussées sont réduites de près de 80% pendant le troisième trimestre de la grossesse, période pendant laquelle la sécrétion d'œstrogènes est importante. Un traitement par estriol chez des patientes SEP et non enceintes, entraîne une diminution des lésions cérébrales actives à l'IRM. Deux études phase II sont en cours pour vérifier l'intérêt de ces traitements. Des observations préliminaires montrent aussi que l'association de progestérone et d'un œstrogène réduit notablement le risque d'une augmentation des poussées après un accouchement. Une étude clinique phase III est en cours pour confirmer ces résultats.  

Les avis restent partagés concernant l'effet protecteur de la contraception orale sur le risque de développer une SEP et celui d'un traitement hormonal substitutif après la ménopause sur l'évolution de la maladie. Cependant, une étude récente chez 1400 femmes ménopausées montre que l'atrophie cérébrale évolue plus rapidement sous œstrogènes que sous placebo. De façon plus anecdotique, l'influence des hormones sur la maladie ressort également d'observations ponctuelles faisant état de poussées graves au cours de traitements hormonaux intensifs administrés à des patientes SEP dans des cas de reproduction assistée ou de techniques transsexuelles.

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