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Prédisposition : une signature génétique pour la SEP ?

Une étude récente tente de mieux connaître les causes de la prédisposition de certaines personnes à développer une SEP.

Depuis des années, l'armée israélienne conserve des échantillons de sang de ses recrues. Ayant eu accès à cette banque, des chercheurs ont identifié 9 personnes parfaitement normales au moment du prélèvement et qui ont développé une SEP jusqu'à 9 ans après. Les gènes de leurs cellules sanguines ont été comparés à ceux de recrues suivies pendant 16 ans et n'ayant pas présenté de SEP.

Ils ont identifié 131 gènes différenciant les recrues ayant développé une SEP de ceux qui sont restés sains. Aucun gène ne s'est démarqué comme responsable à lui seul de la SEP. Il s'agit de groupes de gènes (appelés modules) impliqués ensemble dans un même processus biologique. Ces anomalies ont été également observées dans un groupe de patients SEP. Cette étude met en évidence pour la première fois une « signature génétique » qui différencie les futurs malades SEP d'une population saine bien avant l'apparition de la maladie.

Comme une voiture sans freins

Elle concerne les deux « modules » biologiques fondamentaux dont l'équilibre conditionne un état immunitaire normal : d'une part la réponse immunitaire à un facteur étranger à notre organisme ou considéré comme tel (activation) et d'autre part le retour à la normale (régulation). Cette signature génétique met en évidence une hyperactivité des gènes responsables de l'activation et, au contraire, une hypoactivité des gènes concernant la régulation. On pourrait comparer cette situation à une voiture sans freins avec l'accélérateur au plancher.

Ces observations permettent d'espérer pouvoir un jour dépister les personnes susceptibles de développer une SEP. Il reste à voir cependant si ces anomalies sont spécifiques de cette maladie ou si elles concernent également d'autres affections auto-immunitaires. Elles confirment l'hypothèse selon laquelle la SEP serait due à un dysfonctionnement du système immunitaire existant bien avant le début de la maladie. L'IRM nous a appris que les lésions cérébrales précèdent de plusieurs années les premiers symptômes et la date de début réel de la SEP reste une énigme. Des études épidémiologiques concernant les rapports entre migrations et SEP la situent avant l'âge de 15 ans.

La question reste de savoir si cette signature génétique existe dès la naissance ou si elle apparaît plus tard, autrement dit si elle est génétique ou s'il s'agit d'un dysfonctionnement des gènes vraisemblablement causé par un facteur extérieur et acquis par la suite (épigénétique).

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